DE L'ORIGINE À NOS JOURS

La Commune de Damparis est située à 7 kms au Sud-Ouest de Dole. Elle est bâtie sur un terrain légèrement ondulé. L’agglomération s’étale dans sa presque totalité sur le versant Est d’une petite vallée parcourue par un ruisseau : « La Riverate ». Les habitations s’y étagent entre les côtes de 200 et 220 m. Le territoire est coupé par le Canal du Rhône au Rhin et par les routes départementales CD 220 et CD 322. La superficie est de 875 ha dont 278 sont boisés. La population est de 129 habitants en 1683, et 512 en 1870, 724 en 1851, 646 en 1921, 2301 en 1954, 2822 en 1958, 3140 en 1968, 3086 en 1975, 2689 en 1982 et 2725 en 1990, 2832 en 2012.

 

La grande majorité de la population vit dans des cités ou des lotissements : la cité « JACOB DELAFON » à Belvoye et la cité « SOLVAY » figurent parmi les plus anciennes. Le village a porté pendant longtemps le nom de « L’ABBAYE DAMPARIS ». Il doit son origine à une abbaye de Bénédictins de l’Ordre de Cluny fondé en 1160, par un Comte de Bourgogne et par les Seigneurs de Gevry et de Neuchatel.

 

Une légende raconte que, vers 1150, DOM PARIS, moine espagnol, descendait du Mont-Roland après avoir fait le vœu de se fixer dans le voisinage de la première source. Ce lieu est aujourd’hui le Château de Tarragon. Quelques années plus tard, DOM PARIS, établit sa communauté, plus au Nord, le long d’un ruisseau, « La Riverate ». Des familles élirent domicile dans la partie haute du versant et donnèrent naissance à un village à qui DOM PARIS légua son nom : DAMPARIS. La partie proche du monastère s’appelait l’Abbaye. L’église abbatiale devenue paroissiale a été reconstruite en partie en 1780. A l’époque féodale, DAMPARIS était un village mainmortable du baillage de Dole : l’Abbé Saint-Vincent de Besançon en était le seigneur.

 

Le séjour des Romains a été fécond ; la voie romaine de Lyon aux Mont-Jura, passait par Damparis. Quelques vestiges restent du côté de la Commune d’Abergement-la-Ronce ; les carrières de Damparis ont été exploitées par eux. La rue des Cosaques rappelle l’invasion en 1814. Belvoye, anciennement Bellevue, tire son nom de son admirable situation.

 

Le sous-sol de Damparis renferme du minerai de fer, sous une couche d’argile. Ce minerai a été extrait de plusieurs mines ; il était employé par le haut-fourneau de Foucherans. Il existe sur le territoire de la Commune, quatre carrières de pierres, de très bonne qualité, de couleur jaune pâle avec veines et grains rouges. A partir de 1850, l’exploitation prit un grand développement. La Société JAVELLE et DESCHAMPS exploitait la carrière de Belvoye à ciel ouvert. Cette pierre de Belvoye dite de « Damparis » a eu une grande renommée. Ses caractéristiques naturelles principales étaient les suivantes :

  • Calcaire compact, à pâte fine, blanchâtre, légèrement gris avec veines roses dans le blanc jaspe (roche siliceuse, colorée en jaune, en rouge, en brun, en noir et employée en bijouterie).
  • Son poids moyen était de 2593 kg par mètre cube.
  • Sa résistance moyenne à l’écrasement était de 1406 kg par cm².
  • Son prix de vente, vers les années 1890, était de 50 francs le m3 en carrière.

 

Elle était exportée dans le monde entier : ponts Saint-Michel, Solférino, Fontaine Saint-Michel, socle de l’Ecole des Beaux-Arts, soubassement du Nouvel Opéra, square du Conservatoire des Arts et Métiers, Église de la Trinité, Hôtel Dieu, façade Hôtel Dieu, façade Hôtel de Ville, Préfecture de Police, Cour de Cassation, Bassin du Luxembourg, piliers du Trocadéro à Paris ; de nombreux ponts sur le Doubs et la Loue, des écluses sur le canal du Rhône au Rhin et du Centre, barrages et écluses sur la Saône, théâtre, Hôtel National, Banque de Commerce à Genève, Monument Farel à Neuchatel, Bourse, Théâtre à Francfort, Musée à Stuttgart, Kaiserhof à Berlin, Ecole à Hambourg, Palais de Justice, piliers des Beaux-Arts à Bruxelles, Cathédrale de Dublin, socle de la statue de la Liberté à New-York.

 

Ces carrières de Belvoye ont connu une grande prospérité de 1876 à 1883. Elles occupaient alors, plus de 500 ouvriers. Damparis ne possède plus qu’une carrière, d’où n’est plus extrait le marbre, mais seulement le calcaire. Cette carrière est exploitée par la société Solvay qui dans les années 1930, a installé sur le territoire de l’Abergement, une usine de produits chimiques ; le calcaire étant destiné à la réalisation du carbonate de soude.

 

En 1933, des objets étranges, comme des portions de volumineux ossements, ont été trouvés dans la carrière. En effet, un site de dinosaures était logé entre deux bancs calcaires. La direction du Muséum de Paris acheva le 22 juin 1934, l’exploitation complète du site. Une fraction de côte, un fragment de vertèbre cervicale, deux omoplates de l’animal, un humérus de 1,35m de long pesant près de 80 kg et un fémur long de 1,47m furent dégagés, ainsi que des os de membres des phalanges, des griffes, des dents et transportés au Muséum à Paris. Comment ses ossements avaient-ils échoué en ce lieu ? Deux hypothèses :

  1. La Région aurait subi à l’époque du dépôt, une émersion momentanée dont la transgression marine, aurait supprimé toutes traces, sauf le feuillet de marne rouge et le contenu de la cuvette fossilique. Le squelette du sauropode serait resté au lieu même de sa mort.
  2. Notre Région se trouvait alors immergée en pleine mer et la sédimentation calcaire s’y poursuit. Une crue violente sur le continent, les fleuves jettent à la mer des eaux chargées d’épaves végétales, animales, minérales que les flots emportent. L’une d’elles n’est peut-être que notre sauropode.

 

Ainsi seule la carrière de l’usine Solvay est située sur la Commune de Damparis ; une trentaine de salariés travaillaient à son exploitation. Le petit village qu’était Damparis, doit donc son évolution à la présence, sur son territoire, de l’usine de la « Société Générale de Fonderie » (anciennement JACOB DELAFON) et à la proximité des usines de la « Société Solvay ». Celles-ci ont fait de notre commune une « cité dortoir », où le caractère rural ne subsiste plus qu’en quelques points de l’ancien bourg.

 



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